) a dit:| Une très généreuse étoile pour ce Radu Jude de près de 3 heures. On a un récit cadre fait d'un réalisateur face caméra avec une tablette sur laquelle il a installé une IA et qui lui demande des créer des scénarios sur différents thèmes, vu que son film sur Dracula n'a pas bien scoré en projection test. Dans ce cadre, s'insert le film du réalisateur (un duo d'artistes de cabaret qui tentent de quitter un show miteux sur le thème de Dracula où ils se font exploiter) et 12 courts métrages divers et variés. Il y en a plusieurs qui font peut-être une minute (un montage pornographique d'image générée par IA, un chanteur de rue avec une balade salace, la diatribe d'un politicien d'extrême droite sur Tik-Tok) et un qui en dure 50 (l'adaptation très libre de Vampirul, un roman roumain de 1938 sur un prêtre serial-killer qui se fait passer pour un vampire). Le ton globale est celui de la satire, la figure de Dracula servant tour à tour de représentation du capitalisme débridé, du nationalisme roumain, du joug de la religion et de la superstition, etc. Le problème c'est que c'est très rarement drôle durant les 2h50 et que c'est toujours très très laid et cheap. Parfois intentionnellement (inserts de plan générés par IA, tournage dans la rue sans arrêter les passants, effigies en carton à la place des figurants, ralentis ou ce sont les acteurs qui bougent au ralenti) mais souvent par limite technique, car le film est a priori intégralement tourné avec un iPhone 15. Comme la satire ne vole pas bien haut non plus, on ne peut que sauver des miettes, comme de très drôles fausses pubs utilisant des images de Nosferatu où un épilogue de forme beaucoup plus classique, tranche de vie d'un éboueur courbant son boulot durant une heure pour voir le spectacle de sa fille à l'école. |