Film: Resurrection

Frederico (VU) a dit:
Le nouveau Bi Gan (Kaili Blues, Un grand voyage vers la nuit) avec Shu Qi et de la musique de M83, prix spécial à Cannes. En salle à Lausanne (au Cinématoraphe) en décembre 2025!

Très dur, si ce n'est impossible à noter. Sur un argument SF qu'on qualifiera aimablement de "poétique", on entre au fil de 2h40 de film dans 6 rêves correspondants aux six sens du bouddhisme (nos cinq + la conscience ou qqch du genre). Récit onirique oblige, c'est incompréhensible et d'un ennui mortel vu qu'il est absolument impossible de s'accrocher à quoi que cela soit qui puisse constituer ne serait-ce même qu'un embryon d'enjeu narratif. Il ne reste que la forme, et là Bi Gan fait feu de tout bois avec une créativité et une liberté impressionnante mais qui tourne à vide.

Si ça durait une heure et demi, ça serait un beurk facile, mais d'une certaine façon, le fait qu'on glisse de la bizarrerie au monument en allongeant le film à 2h40, on est gagné par une certaine admiration pour un projet aussi original que démesuré. C'est aussi aidé par un dernier rêve très impressionnant: déambulation dans une ville jusqu'à l'aube, porté par la chorégraphie d'un long plan séquence, une photo presque monochromatique estomaquante qui vire, ici, abruptement et, là, progressivement et la présence revigorante de Teresa Li Gengxi. Il y a aussi un glacis cinéphilique un peu neu-neu (les premières 20 minutes sont du muet en format carré et pseudo 18 fps, avec des références au cinéma des premiers temps et au précinéma) qui donne finalement un certain souffle, faisant du récit une sorte de métaphore de la mort du Cinéma avec un grand C... ou sa possible résurrection?